Dans un instant nous allons partager le pain, symbole du corps de Christ, le vin, symbole du sang de Christ. C’est ce que Jésus nous a prescrit de faire pour commémorer la Nouvelle Alliance, instaurée par son sacrifice.

Plus qu’un symbole, plus qu’une tradition, cette pratique est l’identité de notre foi. Pour bien saisir la profondeur de cette nouvelle alliance, j’aimerais partager avec vous deux histoires parallèles dans la Bible, l’une de l’ancienne alliance, l’autre de la nouvelle alliance.

Il y a près de 4000 ans, un père, Abraham, dit à son fils unique, Isaac, qu’il aimait : « viens avec moi sur les collines de Morija, (l’emplacement où s’élèvera plus tard la ville de Jérusalem), allons adorer Dieu ». Le fils, Isaac, obéit et pendant trois jours, ensemble et avec un entourage de serviteurs ils parcourent le pays, vivent des temps forts, préparent leurs cœurs pour se rapprocher de Dieu. Le dernier jour, l’atmosphère est lourde, sobre. Le père amène le fils sur le sommet d’une colline pour y ériger un autel. Quelque chose manque. Il n’y a pas d’animal pour le sacrifice. Le père, assure à son fils que Dieu pourvoira au nécessaire. Le père attache son fils Isaac à l’autel. Puis il sort un poignard.

Abraham est un pécheur, impur devant Dieu. Son adoration ne peut être acceptée par un Dieu parfait, juste, pur et glorieux, sans que quelqu’un ne paye le prix de ses fautes. Dieu a demandé à Abraham d’offrir son fils unique. Le sacrifice ultime. Le trésor d’Abraham, son futur, son espoir. Abraham sait que pour payer la rançon de toutes ses injustices le prix doit être élevé. Le sacrifice doit être coûteux. Le père accepte que ce sacrifice soit nécessaire. Le fils ne bronche pas.

La lame est aiguisée pour le coup de grâce. Ce geste que le père s’apprête à faire est incompréhensible, mais il le sait, il est indispensable. Abraham s’apprête à frapper, mais il est arrêté par quelqu’un. L’ange de l’Eternel lui parle : « Abraham, Abraham, épargne ton fils ». Abraham aperçoit ensuite un bélier dont les cornes sont entremêlées dans un buisson. A première vue, le sacrifice qu’allait offrir Abraham avait plus de valeur. Un animal devient le substitut de son fils. Le message pour Abraham est cependant clair : Dieu est celui qui pourvoit au sacrifice.

Il y a près de 2000 ans, Dieu le Père dit à Jésus, son fils unique qu’il aimait : « Viens avec moi sur les collines de Jérusalem (autrefois appelé Morija), pour que les nations adorent ». Le fils, Jésus, obéit et pendant 3 ans, ensemble et avec un entourage de disciples ils parcourent le pays, vivent des temps forts et préparent leurs cœurs. Le dernier jour, l’atmosphère est lourde, sobre. Le Père amène le Fils sur le sommet d’une colline pour y ériger un autel, une croix. Rien ne manque. Le sacrifice est préparé. Dieu le père, assure à son Fils qu’en lui tout est pourvu. Le père attache son fils à l’autel. Puis il sort un poignard.

Pour libérer les prisonniers du péché, quelqu’un doit porter leur jugement. Pour assouvir la justice de Dieu, une personne doit être punie. Le sacrifice ultime. Pour payer la rançon de toutes nos injustices le prix doit être élevé. Le sacrifice doit être coûteux. Le jugement le plus intense jamais imaginé, une masse de douleur plus pesante que l’univers. Le père accepte que ce sacrifice soit nécessaire. Le fils ne bronche pas.

La lame est aiguisée pour le coup de grâce. Ce geste que le Père s’apprête à faire est incompréhensible, mais il le sait, il est indispensable. Dieu s’apprête à frapper. Et aucun ange ni personne n’est là pour l’arrêter. Au contraire, l’ange de l’Eternel a pris la forme d’un homme, Jésus Christ, c’est lui qui est sur l’autel, sur la croix. Il prononce à tous ceux qui écoutent : « Tout est accompli». La lame tombe. Dieu a pourvu au sacrifice.

En partageant le pain et le vin, nous commémorons le corps de Christ qui a été brisé pour nous sauver. Nous commémorons son sang qui a été versé pour nous. Jésus a payé le prix de notre péché pour que nous soyons unis à Dieu et à toutes ses bénédictions spirituelles.

« Que dirons-nous donc de plus? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a donné pour nous tous, comment ne nous accorderait-il pas aussi tout avec lui? » (Romains 8.31-32).

 

philippe

Philippe Viguier est pasteur titulaire de l’EPEVC depuis 2015. Il possède une maîtrise en théologie de Master’s Seminary. Il est l’auteur de Résolu (2017), et co-auteur de L’Évangile et le citoyen (2015) et du Manuel du prédicateur (2017) avec Florent Varak. Il commence les leçons de piano à 6 ans, puis compose à partir de 9 ans. Il a enseigné plusieurs années dans un studio de Los Angeles. Philippe et son épouse Sophia ont trois enfants.