Je ne sais pas si vous réalisez à quel point ce que nous faisons tous les dimanches est surnaturel. C’est vrai que nos cultes se ressemblent de semaine en semaine. On partage un temps autour de la parole, on prie ensemble, on s’encourage, on s’aime, on loue Dieu. Des choses tellement simples, mais tellement belles et uniques dans un monde qui pour la plus grande partie a rejeté le Dieu de la Bible.

Tous les dimanches, nous nous réunissons pour louer Dieu. C’est surnaturel. Surtout en France. Notre pays est magnifique, j’aime beaucoup la culture française, mais une des choses pour laquelle nous ne sommes pas reconnus dans le monde, c’est notre inaptitude à exprimer de la reconnaissance et de la louange.

Je n’invente rien, on le sait tous, en France, on aime beaucoup râler. Exprimer de la reconnaissance, beaucoup moins. On peut faire un sondage tout de suite. Combien d’entre vous, cette semaine, on reçu la louange ou un mot de reconnaissance de votre patron ?

Selon une étude de StepStone, En Europe, 74% des salariés ne reçoivent jamais ou rarement d’éloges de la part de leurs supérieurs. C’est triste.

La qualité de l’ambiance au travail en France, en souffre énormément. De plus en plus, j’entends les échos de personnes qui me disent que la manière dont ils sont traités au travail est dure. Qu’il y a très peu de reconnaissance. Les conséquences sont évidentes. La France tient le troisième rang au monde des dépressions liées au travail.

Je pense qu’historiquement, il y a plusieurs raisons pour cela. On est une société de droits. On fait beaucoup confiance à l’État, en moyenne, 50% de ce que l’on gagne va au gouvernement. Comme on fait beaucoup de sacrifices, on attend beaucoup en retour. Notre système nourrit une manière de vivre où finalement nous sommes dans l’attente de recevoir parce que nous avons déjà donné.

Et nous sommes aussi une société élitiste où on est toujours entrain de se battre et de faire concurrence pour être reconnu. Je me souviens encore à l’école, si j’avais une bonne note, on ne me disait pas « bon travail » mais « pourquoi n’as-tu pas été premier de ta classe ? Bosse encore et tu y arriveras. »

On ne félicite pas quelqu’un qui finit un CAP de la même manière que quelqu’un qui finit une grande école. Pourtant les deux peuvent être louables, surtout si les personnes qui reçoivent leurs diplômes sont dans une voie qui leur correspond et qu’ils ont travaillé dur pour réussir.

En France, on exprime peu la reconnaissance, on loue peu. Quand on dit merci, c’est souvent plus par politesse que par un vrai esprit de reconnaissance. C’est pour cela que ce que nous faisons de dimanche en dimanche est vraiment surnaturel. A quel autre endroit en France avez-vous déjà vu 200 personnes se réunir pendant une heure et demie, sans râler, simplement pour exprimer de la reconnaissance ? C’est quand même génial.

Notre louange est unique et surnaturelle, en même temps, je sais que ma louange n’est pas parfaite. Je sais que mon cœur n’est pas toujours pleinement engagé. Souvent, je suis distrait. Parfois mon cœur n’est pas au bon endroit où n’est pas préparé pour louer Dieu. Parfois, je chante mais je ne vis pas les paroles avec autant de conviction que je n’aimerais. Parfois, je loue Dieu mais je me sens hypocrite parce que je sais qu’en semaine, je n’ai pas beaucoup exprimé ma reconnaissance pour tout ce Dieu a fait pour moi.

Louer Dieu est surnaturel. Pour que notre louange surnaturelle soit vivante, elle doit dépendre de Dieu. Elle doit être nourrie par Dieu, accompagnée par Dieu, guidée par Dieu. C’est ce que nous enseigne le Psaume 111, que j’aimerais ce matin partagé avec vous.

Comment connaitre une louange pleine de vie ? Le Psalmiste nous répond : c’est en reconnaissant ce que Dieu a fait dans le passé que nous pouvons être reconnaissants de ce qu’il faut aujourd’hui.

Je vous invite à ouvrir vos Bibles pour lire avec moi le Psaume 111.

111 Louez l’Éternel! Je louerai l’Éternel de tout mon cœur, dans la réunion des hommes droits et dans l’assemblée.

2Les œuvres de l’Éternel sont grandes, recherchées par tous ceux qui les aiment. 3Son activité n’est que splendeur et magnificence, et sa justice subsiste à perpétuité. 4Il a laissé le souvenir de ses merveilles.

L’Éternel fait grâce, il est rempli de compassion. 5Il a donné de la nourriture à ceux qui le craignent, il se souvient toujours de son alliance. 6Il a montré à son peuple la puissance de ses œuvres en lui donnant l’héritage d’autres nations.

7Les œuvres de ses mains, c’est la vérité et la justice; tous ses décrets sont dignes de confiance, 8bien établis pour toute l’éternité, faits avec vérité et droiture. 9Il a envoyé la libération à son peuple, il a prescrit son alliance pour toujours ; son nom est saint et redoutable.

10La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse. Tous ceux qui respectent ses décrets ont une raison saine. Sa gloire subsiste à perpétuité.

Je vous propose simplement d’approfondir le Psaume verset par verset. Contrairement à d’autres Psaumes, celui-ci reste anonyme. Ce n’est probablement pas un Psaume de David parce que l’auteur semble citer un proverbe de Salomon, le Fils du roi David. En tout cas, le Psalmiste est extrêmement fin et possède une vraie maitrise poétique et artistique de l’Hébreu. Le Psalmiste commence son Psaume avec un appel à la louange :

Louez l’Éternel! Je louerai l’Éternel de tout mon cœur, dans la réunion des hommes droits et dans l’assemblée.

« Louez l’Éternel ! » En Hébreu c’est un seul mot, un mot que l’on utilise même dans la langue française. Vous pouvez deviner ?

« Alléluia ! » En Hébreu, le terme signifie de mettre en avant de manière claire quelque chose, que ce soit par des sons clairs ou de même des couleurs. C’est de mettre en lumière, faire briller, faire un spectacle. C’est célébrer avec évidence et clameur. « Alléluia ! » c’est aussi un commandement au pluriel, c’est-à-dire pour un groupe. C’est un terme que l’on retrouve en particulier pour la louange en commun. En effet, cela n’a aucun sens de se dire tout seul « louez l’Éternel ». C’est un impératif pour une assemblée d’exprimer une louange forte, exubérante et joyeuse. De proclamer un son haut et clair qui montre avec évidence que Dieu est le centre de notre attention et la cause de notre joie.

C’est vrai que certains termes sont difficiles à traduire. En français, le verbe « louer » signifie selon le dictionnaire Larousse de « décerner des éloges à quelqu’un ». Mais le terme Hébreu implique tellement plus. Ce sont des éloges, oui, mais elles sont fortes, elles sont mises en avant, elles sont proclamées par les foules et procurent une joie débordante.

C’est l’encouragement avec lequel le Psalmiste commence son chant. Alléluia commence avec la première lettre de l’alphabet, autant en Hébreu qu’en français. Le Psalmiste d’ailleurs structure son chant en suivant les 22 lettres de l’alphabet Hébreu. Son Psaume, c’est la louange de A à Z.

Louer Dieu; cela commence tout simplement en donnant à Dieu la place d’honneur. « Alléluia » ce n’est pas une option, ni une suggestion, c’est un commandement. La Bible nous commande de louer Dieu avec joie. Lorsque l’on chante « alléluia », on partage cet engagement réciproque que nous devons mettre Dieu en avant.

Pour le Psalmiste, la louange pour Dieu est communautaire mais aussi personnelle. Il appelle chacun à louer Dieu, puis il s’engage personnellement, il prend une résolution.

Louez l’Éternel! Je louerai l’Éternel de tout mon cœur, dans la réunion des hommes droits et dans l’assemblée.

« Louez l’Éternel » vient de l’Hébreu « halal » qui a donné alléluia, mais l’expression « je louerai l’Éternel de tout mon cœur » vient du verbe « yadah » qui vient de « yad » qui signifie « main ». C’est l’idée d’avoir les mains ouvertes vers Dieu. C’est adorer en acceptant notre place de créatures, en lui donnant sa place de Créateur et Dieu Tout-Puissant. C’est un signe de soumission, d’humilité, de service. Avoir les mains ouvertes devant Dieu, c’est exprimer la confiance, accepter que c’est lui qui est au contrôle, exprimer de manière visible notre soumission à son autorité divine. Élever les mains c’est aussi de l’excitation, de la joie, c’est l’expression d’un cœur qui déborde et qui adore.

C’est comme cela que le Psalmiste veut louer Dieu. Avec joie, ferveur, mais aussi avec dévotion, en offrant ses mains de tout son cœur. C’est une belle image.

Comme peut-être beaucoup d’entre vous, je n’ai pas grandi dans une Église qui était très expressive au niveau des mains. Mais il y a une vraie profondeur biblique dans ce geste.

Pour le Psalmiste, la louange c’est avec du monde, il parle de deux contextes différents, la réunion (ou le conseil) des hommes droits et aussi l’assemblée. Que ce soit avec un groupe réduit ou avec la foule, il veut louer Dieu. C’est intéressant ce contraste, parce que souvent lorsque je m’imagine la louange de l’Ancien Testament, je l’imagine dans le Temple avec des foules venues pour les grandes fêtes religieuses. Mais le Psalmiste aimait aussi louer Dieu avec des petits groupes. Peut-être une « Église de maison », peut-être des réunions de responsables… je ne sais pas. En tout cas, il mentionne deux contextes différents, un groupe réduit et un groupe large. Dans tous les cas, ce qu’il compte pour lui avant tout, c’est que son cœur soit entièrement dans cette louange. « De tout mon cœur » est l’expression qui apporte la 2e lettre de l’alphabet. C’est l’idée centrale de cette phrase.

Ce Psalmiste aime louer Dieu et dans ce Psaume son enthousiasme est contagieux. Ce n’est pas que de l’enthousiasme. J’ai déjà été dans des églises où j’avais l’impression que ce qui intéressait les animateurs, était que l’assemblée soit enthousiaste. Le Psalmiste ici cherche à nous toucher autant dans nos émotions que dans nos réflexions.

2Les œuvres de l’Éternel sont grandes, recherchées par tous ceux qui les aiment.

On arrive à la troisième lettre de l’alphabet Hébreu. « Gadol ! » Grandes, sont les œuvres de l’Éternel.

Le Psalmiste explique dans les versets suivants pourquoi sa louange vibre de vie. C’est parce que Dieu agit. Dieu fait. Le mot « œuvre »en Hébreu vient du verbe « faire ». Dieu est un Dieu qui agit en permanence, c’est pour cela qu’il doit être loué en permanence. Ce que Dieu fait est grand, ça nous dépasse, ça inspire, ça motive, ça fait rêver.

Pour la 4e lettre de l’alphabet Hébreu, l’auteur met l’accent sur le mot « recherchées ». Les œuvres de Dieu sont « recherchées », je lisais une autre traduction qui traduit ce mot par « étudiées ». En Hébreu le terme signifie de suivre, s’accrocher, faire une recherche approfondie.

Les œuvres de Dieu méritent d’être étudiées, sondées, méditées, explorées dans toutes leurs parcelles. En tout cas, c’est la quête de tous ceux qui les aiment. Les versets suivants révèlent à quel point il aime les œuvres de Dieu. Il aime les Écritures, dans lesquels Dieu témoigne de son œuvre passée et présente pour son peuple.

3Son activité n’est que splendeur et magnificence, et sa justice subsiste à perpétuité.

La phrase en Hébreu commence avec le terme « splendeur ». « Splendeur et magnificence est son activité ».

Le terme « splendeur » vient d’un mot qui implique la grandeur, la gloire, la majesté, la beauté, la force à un niveau qui dépasse la compréhension.

C’est le terme qui est employé dans le livre de Job quand Elihu décrit la personne de Dieu en disant :

« Oh! que la majesté de Dieu est redoutable! Nous ne saurions parvenir jusqu’au Tout Puissant, grand par la force, par la justice, par le droit souverain » (Job 37.22-23).

L’activité de Dieu nous dépasse, mais elle est aussi visible. Le terme « magnificence » est vraiment intéressant dans la Bible. Il est souvent employé pour témoigner de l’empreinte visible des œuvres de Dieu sur terre.

On lit dans le Psaume 90.16 :

Que ton activité soit visible pour tes serviteurs, et ta splendeur pour leurs enfants !

Littéralement, il vient du mot « ornement ». La magnificence de Dieu, c’est la beauté qu’il laisse derrière Lui. On voit cette beauté dans la création, autant dans la nature que dans celle de l’homme.

On retrouve ce terme dans le Psaume 8 :5-6 :

5je dis: «Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui?» 6Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu et tu l’as couronné de gloire et d’honneur.

L’activité de Dieu est comme cela. Elle nous dépasse, mais elle laisse aussi des traces visibles de beautés derrière elle.

Une de ses traces, c’est ce que l’on retrouve pour la 6e lettre du poème. « sa justice subsiste à perpétuité. » Nous vivons dans un monde profondément injuste. La justice des hommes est comblée de failles. Mais cette justice terrestre est temporaire. Quand Dieu fait justice, lui, c’est éternel. Aucune injustice terrestre ne passera outre à la justice éternelle de Dieu.

Le Psaume continue au verset 4 :

 4Il a laissé le souvenir de ses merveilles.

Littéralement, on pourrait traduire « Un monument il fait de ses merveilles ». Le 7e mot sur lequel le Psalmiste met l’accent est le mot « monument » ou « souvenir ». Là, la traduction est un peu difficile, mais la phrase « il a laissé » semble plutôt que Dieu est passif, que cela s’est passé tout seul, alors qu’en Hébreu l’auteur utilise le verbe faire, le même terme qui a donné le mot « œuvre » utilisé 3 fois dans ce Psaume. Dieu est un Dieu qui agit. Il fait des œuvres et il fait aussi en sorte que ses œuvres laissent des traces.

Lorsque l’on regarde à l’Ancien Testament, on retrouve un monument des merveilles de Dieu. Plus d’une cinquantaine de miracles incroyables et jamais reproduits par l’homme.

Pendant des siècles, Dieu a accompagné son peuple. Il a envoyé les plaies miraculeuses en Égypte pour sauver son peuple. Il a envoyé de la manne pour nourrir son peuple, fait jaillir l’eau d’un rocher dans le désert. Il a détruit des armées entières d’ennemis, ouvert la mer en deux, arrêter la course du soleil, guérit le lépreux, multiplié l’huile de la veuve, ressuscité le fils de la Sunnamite, délivré Daniel de la fosse aux lions, sauvé Jonas du ventre de la baleine.

Il est apparu à ses prophètes, fait des alliances éternelles, il a donné sa Parole et ses préceptes.

Et, il a envoyé son Fils Jésus qui a fait encore plus de merveilles. Il a changé l’eau en vin. Il a multiplié les pains et les poissons. Il a marché sur l’eau. Il a ressuscité des morts. Il a guéri les foules, des lépreux, des aveugles, des sourds, des boiteux. Il a calmé la tempête. Il a chassé les démons. Il a aidé des pêcheurs à attraper des centaines de poissons en une seule fois. Il a donné sa vie en rançon pour nos péchés.

La Bible est un monument des merveilles de Dieu, comme l’est chacune de nos vies quand on le laisse agir en nous.

Le Psalmiste continue :

L’Éternel fait grâce, il est rempli de compassion.

On arrive au 8e mot du poème. Le mot « grâce ». « Gracieux et compatissant, l’Éternel » serait une traduction littérale.

Le monument des œuvres de Dieu est rempli de sa grâce. L’auteur semble citer les paroles que Dieu donne à Moïse suite à la désobéissance d’Israël lorsqu’ils firent le veau d’or. Moïse plaide devant Dieu : comment est-ce qu’un peuple pécheur peut-il subsister devant un Dieu saint ? Et Dieu qui répond, je suis un Dieu qui fait grâce et compassion.

5Il a donné de la nourriture à ceux qui le craignent, il se souvient toujours de son alliance.

L’auteur continue de parler de ce que Dieu a fait et de ce que Dieu fait. Notre 9e lettre : la nourriture, il a donné, à ceux qui le craignent. Il a fait en sorte que la graine qu’Isaac plantait produise du cent pour un. Il a sauvé Jacob et ses enfants de la famine en les amenant en Égypte. Il a donné la manne au peuple en exil. Il a toujours pourvu.

La 10e lettre : Il se souvient de son alliance. Il a fait une alliance avec Noé par laquelle il a promis de ne jamais plus détruire la terre par un déluge. Il a fait une alliance avec Abraham en promettant que d’Israël viendrait la bénédiction des nations, il a donné la loi à Moïse en promettant de toujours bénir ceux qui lui obéiraient.

 6Il a montré à son peuple la puissance de ses œuvres en lui donnant l’héritage d’autres nations.

11e et 12e lettres : puissance et donner. « La puissance de ses œuvres, il a montré à son peuple ; il a donné l’héritage des non-juifs ».

On pense à la promesse de la terre promise à Abraham, à la sortie d’Égypte où les Israélites ont dépouillé les Égyptiens en recevant d’eux des quantités d’objets précieux, à la conquête de Josué, au fait que le Temple fut construit avec des ressources que les rois David et Salomon ont accumulé des nations environnantes.

Enfin oui, on pense à toutes ces choses. Mais le fait est que le Psalmiste ne les cite pas directement. Il parle de la grâce de Dieu, de sa compassion, sa générosité, sa fidélité, sa puissance, sa délivrance, son héritage…des termes qui finalement font échos à beaucoup d’histoires dans la Bible mais qui ne s’arrêtent pas simplement à ces histoires.

Le Psalmiste reste vague et je pense pour une raison simple. Le Dieu qui a agi par autant d’œuvres au travers des siècles est le même Dieu qui agit encore aujourd’hui de la même manière. Lui ne change pas. La louange, de A à Z, de l’origine du monde à la fin des temps, ne s’arrêtera jamais parce qu’il est toujours entrain d’agir.

7Les œuvres de ses mains, c’est la vérité et la justice; tous ses décrets sont dignes de confiance,

La 13e lettre, c’est le mot œuvre. Mais cette fois l’auteur ne parle plus au passé, mais au présent. Dieu agit encore ! Son œuvre aujourd’hui c’est la vérité et la justice. Le terme « vérité » pourrait être traduit par « fidélité ». C’est un mot qui implique la stabilité, quelque chose qui n’est pas en mesure de changer, qui est certain. Dieu a ce caractère. Ces œuvres sont certaines de refléter le même caractère que Dieu a montré depuis des siècles. Les œuvres de Dieu sont toujours justes. L’auteur n’emploie pas le même mot employé plus tôt en parlant de la justice de Dieu. Le terme ici littéralement est « jugement ». Les œuvres de Dieu, ce sont la vérité et le jugement. Ce que Dieu fait est mesuré, approprié équilibré, fait selon un verdict, fait selon un plan. Dieu ne joue pas des tours. Il a une volonté qu’il révèle, qui est cohérente, digne de confiance.

Et c’est notre 14e lettre, « dignes de confiance ». Cette expression n’est qu’un mot en Hébreu. Cela vient du verbe « aman », que l’on utilise tous les dimanches dans nos Églises quand on dit « Amen ». Les décrets de Dieu sont dignes de confiance. On peut y croire. Ils sont fidèles. Leur validité est confirmée.

C’est ce que nous exprimons quand nous terminons nos prières en disant « Amen ». « Amen » signifie « en vérité » « ainsi soit-il ». C’est de dire que Dieu est digne de confiance. On croit en lui. On sait qu’il sera fidèle.

8bien établis pour toute l’éternité, faits avec vérité et droiture.

15e lettre : établis. Les décrets de Dieu sont établis. Ils sont immuables. Dieu ne change pas d’avis du jour au lendemain dans la manière dont il définit le bien et le mal. Ses préceptes sont fermes, établis.

« Faits avec vérité et droiture ». On retrouve le verbe faire encore ici comme 16e lettre de l’alphabet dans la structure du Psaume. Dieu est dans l’action. Il l’a toujours été. Avant même la fondation du monde, il avait établi ses préceptes éternels. Il agissait déjà pour nous avant notre naissance, pour que nous puissions un jour participer à son œuvre qui sera véritable et droite.

9Il a envoyé la libération à son peuple, il a prescrit son alliance pour toujours ; son nom est saint et redoutable.

On arrive vers le sommet du Psaume. Le rythme s’accélère, il y a maintenant trois intonations par phrase.

La 17e lettre. « Libération ». Ou plus littéralement « rédemption ». C’est l’œuvre la plus importante. Dieu s’est constitué un peuple. Il a racheté un peuple errant, pour en faire le peuple de Dieu. Il a payé la dette de son peuple pour le rendre réellement libre.

18e lettre. Il a « prescrit » son alliance pour toujours. Il n’a pas racheté un peuple simplement pour vivre une relation temporelle sur terre avec eux. Il a prescrit que cette relation sera éternelle. Une fois que nous appartenons à Dieu, nous sommes à lui pour toujours. Rien ne peut nous séparer de sa main.

19e lettre « saint ». « Saint et redoutable est son nom » on pourrait traduire. Dieu est à part, pur, sans corruption ni souillure. Il est aussi imposant, impressionnant, il émerveille.

10La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse. Tous ceux qui respectent ses décrets ont une raison saine. Sa gloire subsiste à perpétuité.

On est au dernier verset. Trois mots clés ressortent encore.

Le premier, c’est la crainte de l’Éternel. Il y a un effet subtil en Hébreu, les mots « redoutable » et « crainte » ont la même racine, ils se suivent. Dieu par ses œuvres exige une réponse. Dieu est redoutable, incroyable, inimitable, incomparable, infiniment grand et puissant. Comment lui répondre autrement que par la révérence, la piété, la foi ?

Dans l’Ancien Testament, on emploie rarement le mot « foi », et c’est parce qu’on parle souvent de la crainte de Dieu. Mais les termes signifient la même chose. Craindre Dieu, c’est lui faire confiance, c’est s’abandonner à lui, c’est réaliser qu’il est le Tout-Puissant et que nous ne le sommes pas. C’est  lui attribuer l’honneur qui lui est dû avec sobriété d’esprit.

La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse. C’est ironique de parler de commencement à la fin d’un Psaume. Mais pour l’instant le Psalmiste a surtout parlé de ce que Dieu fait. Que faisons-nous en réponse à ce que Dieu lui fait ?

La première réponse, c’est craindre Dieu. Lui attribuer la place du seul Dieu vivant dans notre vie.

La deuxième réponse, c’est ce qu’on retrouve dans la 21e lettre. Respecter ses décrets. En fait l’Hébreu est beaucoup plus subtil. En Hébreu, on retrouve le même verbe de « faire ». Toux ceux qui font application de ses décrets ont une raison saine.

Dieu est un Dieu d’actions qui constamment œuvre en notre faveur. Mais sa gloire, il ne veut pas la porter tout seul. Il désire aussi que nous l’imitions. Que nous faisions nous aussi. Que ce que nous adorons de lui, nous essayions de le refléter de jour en jour. Ceux qui agissent comme Dieu agit ont une raison saine. Littéralement, ils sont intelligents, ils sont prudents, ils cheminent vers le succès et un beau bonheur.

La louange ce n’est pas simplement de chanter quelques chants le dimanche matin. C’est aussi imiter Dieu au quotidien.

Et puis on arrive à la 22e lettre.

Sa gloire subsiste à perpétuité.

Une fois de plus on perd beaucoup en traduisant. Le mot gloire ici n’est pas le terme qui est le plus souvent employé pour le terme gloire. En fait, c’est le nom « tehillah » qui vient aussi de la racine (« halal ») qui a donné le mot « Alléluia ». On le traduit souvent par « louange », des fois par « gloire ».

Et c’est là où on voit la pensée de l’auteur à jour. De A à Z. La boucle est bouclée. Il commence son Psaume par la louange et il finit par la louange. C’est la nature de la louange pour Dieu. Jamais elle ne finira. Elle est éternelle. Elle est infinie. Elle continuera encore au ciel.

Cette louange, cette joie que Dieu procure lorsqu’on lui donne la première place, elle subsiste à perpétuité.

Si nous voulons la connaitre de manière abondante sur terre, nous avons des lettres B à Y à travailler.

En étudiant les œuvres de Dieu dans sa Bible, nous pouvons reconnaitre son œuvre aujourd’hui dans nos vies. C’est en reconnaissant ce que Dieu a fait dans le passé que nous pouvons être reconnaissants de ce qu’il fait aujourd’hui.

Le problème de notre louange, c’est qu’elle n’est pas toujours biblique. Dans la Bible, on voit le Dieu qui délivre du danger, mais nous on préfèrerait un dieu qui nous abstienne du danger. On voit un Dieu dont la justice est éternelle, mais on a du mal à être reconnaissants parce que l’on aimerait qu’il fasse justice tout de suite. On voudrait louer Dieu pour l’aide qu’il apporte dans nos plans pour notre vie au lieu de le louer de nous intégrer dans son plan qu’il a pour le monde et pour nous.

Si nous voulons une louange vivante, nous devons apprendre à être reconnaissants, et être reconnaissants, c’est premièrement de reconnaitre comment Dieu agit.

Comme le Psalmiste, soyons des étudiants assidus aux œuvres de Dieu ! Notre louange ne connaitra alors aucune limite.

 

 

philippePhilippe Viguier est pasteur titulaire de l’EPEVC depuis 2015. Il possède une maîtrise en théologie de Master’s Seminary, et est co-auteur de L’Évangile et le citoyen (2015). Il commence les leçons de piano à 6 ans, puis compose à partir de 9 ans. Il a enseigné plusieurs années dans un studio de Los Angeles. Philippe et son épouse Sophia ont trois enfants.